Le mystère du safran est grand. Il semblerait qu'il fût
présent dans les premières civilisations en Mésopotamie
et au Cachemire depuis plus de quatre mille ans.

L'étymologie du mot safran vient du latin médiéval safranum. Il aurait deux sources possibles, la première une origine arabe «asfar» en arabe «jaune». La deuxième persane «zarparan», combinaison de deux mots signifiant or et plume. Il y aurait eu sur les bords de l'Euphrate, il y a plus de 4 000 ans, un village dont le nom signifiait « ville de safran ». En persan aujourd'hui, le mot za'farani signifie la couleur jaune safran.

En Grèce, c'est le mot «Krokos» qui désigne le safran, en mémoire de la légende grecque qui veut que le dieu Hermès jouant au lancer de disque avec son ami Crocos le toucha mortellement à la tête, le sang coula de sa blessure jusqu'à la terre, la féconda et à cet endroit naquit une petite fleur de couleur mauve avec en son centre un pistil rouge symbolisant le sang de Crocos. C'est ainsi qu'est né le crocus.

Il existe un livre appelé Bondahesh, écrit en langue pahlavi, qui relate les croyances anciennes des iraniens à propos de la création et la fin du monde pendant l'Antiquité. La fleur de safran qui en langue pahlavi se nomme korkom est citée dans le chapitre sur la création des plantes. Pour les iraniens chaque archange ou ange avait pour symbole une plante particulière. Le korkom était sur terre la représentation de Mârâspand, l'ange de la parole divine. On apprend ainsi, que les iraniens utilisaient le safran il y a des millénaires comme condiment et comme teinture pour les tissus. Cela montre la vénération que les iraniens avaient pour cette fleur à cette époque et qu'il existait déjà une culture en grande quantité.

Pline l'Ancien, écrivain et naturaliste romain (23-79 après J.-C.) a évoqué les coutumes des rois achéménides et les mages de haut rang qui s'enduisaient le corps d'un onguent composé entre autre de safran qui donnait une couleur dorée à leur peau.

On sait également que le célèbre naturaliste et médecin suisse Paracelse (1493-1541), préconisait l'association du safran avec la myrrhe et l'aloès pour stimuler les défenses de l'organisme.

En 1500 avant J.-C., des fresques du palais de Cnossos en Crète, représente déjà un cueilleur de safran. En Egypte les pharaons utilisaient le safran soit comme de l'encens, pour purifier, en le brûlant en l'honneur du Dieu Râ, le dieu du soleil, soit en en enduisant les bandelettes des momies pour permettre une excellente conservation des chairs et éviter toute putréfaction. En l'an 500 avant J.-C. les bonzes coloraient leurs toges avec du safran ce qui était un symbole de pureté et d'immortalité. Même la bible fait état du safran dans le cantique des cantiques en évoquant le jardin d'Eden « tes plantes sont un jardin de grenadiers, avec de l'aspic et du safran ».

Au Moyen-Age, le safran était cultivé dans la plupart des jardins des monastères et servaient aux moines pour leurs enluminures.

Il fut introduit au Cachemire lors des invasions Mongoles avant d'être importé en Europe au XIIIème siècle.

De tous temps, en orient, en occident, le safran a été et est toujours considéré comme un produit exceptionnel, magique, faisant l'objet d'un culte, d'une vénération pour certains peuples. Longtemps réservé aux divinités, il a peu à peu été introduit tout d'abord dans des préparations médicinales pour les nombreuses vertus qui lui sont reconnues, puis dans la cuisine dont il sublime les plats et préparations.

La production actuelle la plus importante est en Iran puis en Espagne, en Grèce et en Inde. D'autres pays se sont lancés dans sa culture en proportion moindre : le Maroc, l'Italie, la Turquie. En France le Gatinais fut vers le XIVème siècle la première région à cultiver le safran, aujourd'hui quelques safranières existent dans d'autres régions et principalement en Limousin et plus particulièrement en Haute-Vienne.

Ses vertus médicinales :

Depuis plus de 4 000 ans le safran a été utilisé par toutes les civilisations successives. De nombreux philosophes et médecins ont vantés sa richesse et son pouvoir de guérison.Le mystère du safran est grand. Il semblerait qu'il fût
présent dans les premières civilisations en Mésopotamie
et au Cachemire depuis plus de quatre mille ans.